Un réseau d’assainissement - une station d’épuration : un patrimoine communal et historique

Le système d’assainissement de la ville d’Yssingeaux constitue un patrimoine communal à part entière, fruit d’une longue histoire, certains réseaux en cœur de ville réhabilités dans les années 2000, ayant sans doute plus d’un siècle. Le réseau de collecte des eaux usées et des eaux pluviales se développe sur plus de 110 km de canalisations et compte 7 postes de relevage (dont deux à Marnhac récemment mis en service). Les eaux ainsi collectées sont traitées dans la station d’épuration d’Apilhac, implantée en bordure du Crisselle.

Dans l’ordre des choses 

Dans une démarche logique et pragmatique, visant d’abord à restructurer et mettre en conformité les réseaux, la Municipalité s’est engagée ces dernières années dans d’importants travaux. Tout d’abord, il a été nécessaire de travailler sur nos réseaux anciens bâtis. Le choix technique et financier aura été de conserver ce patrimoine historique remarquable, tout en le fiabilisant : ce fut fait dans les années 2000. Ensuite, au cours des tranches successives d’aménagement du cœur ville, les réseaux d’assainissement ont été systématiquement repris et un double réseau a été réalisé, lorsque cela s’avérait possible et judicieux, afin de séparer les eaux usées des eaux pluviales. Les travaux en cours sur l’avenue de la Marne et le quartier de Pompée constituent la pierre d’achèvement de ce vaste programme. Dans le même temps, il a été nécessaire d’étanchéifier le réseau longeant la Siaulme, afin de lutter contre les infiltrations d’eau de rivière et de sa nappe d’accompagnement. Les travaux en la matière sont désormais achevés, mais ils se poursuivront en 2020 par le renouvellement du poste de relevage d’Ard’huy et la canalisation de refoulement qui lui est dédiée, en lien avec le projet d’aménagement des voiries du quartier.

Le temps est venu maintenant de mettre en conformité la station d’épuration d’Apilhac.

En effet, mise en service en 1988, l’actuelle station d’épuration d’Apilhac ne permet plus de répondre aux besoins actuels de la commune et encore moins à son développement futur (besoin de la population et des activités économiques). Face à des normes de rejets de plus en plus contraignantes et dans un souci de protection du Crisselle et du Ramel, la réhabilitation de la station d’épuration d’Apilhac s’avère indispensable, afin notamment de porter sa capacité de traitement de 8 300 équivalents habitants à 11 400 équivalents habitants.

Compte tenu de la complexité du sujet et des enjeux financiers qui en découlent, dès 2014, la Municipalité a engagé diverses études poussées, afin de définir la solution la plus adaptée tant économiquement que techniquement. Dans le même temps, la Municipalité s’est attachée à solliciter les meilleurs financements possibles, en bénéficiant des opportunités du moment. Par cette action, nous pourrons compter sur un financement à hauteur de 70%, via les aides de l’Agence de l’Eau Loire Bretagne et du Conseil Départemental de la Haute Loire, ce qui était inespéré. Dans ce contexte ô combien favorable, le conseil municipal du 27 mars 2019, a validé à l’unanimité le projet de construction de la nouvelle station d’épuration d’Apilhac, en quasiment lieu et place de l’actuelle station, ainsi que la reprise du collecteur de transfert depuis Crouzilloux jusqu’à Apilhac. Après une phase d’enquête publique au cours de laquelle chacun de nous a pu s’exprimer et faire évoluer le projet en conséquence, l’arrêté préfectoral autorisant la construction de la nouvelle station d’épuration nous a été communiqué. Dans le même temps, les élus ont retenu, suite à la procédure d’appel d’offres, les entreprises qui auront en charge de réaliser ce projet structurant, pour un montant de travaux de 3,7 M € HT.

Deux chantiers en un

Le programme des travaux qui s’engagera dès l’automne prochain se décompose en deux tranches, qui seront réalisées quasiment conjointement :

1 / Réhabilitation du collecteur de transfert de Crouzilloux :

Afin d’acheminer la totalité des eaux usées collectées en temps sec, comme en temps de pluie, le réseau de transfert, depuis le pont de Crouzilloux jusqu’à la future station d’épuration, sera repris sur 900 mètres. Sa capacité sera augmentée de 400 mm à 600 mm de diamètre, permettant ainsi de supprimer tous les déversements d’eaux usées non traitées au milieu naturel lors des précipitations. Afin d’engager la collectivité sur les 50 ans à venir, le choix s’est porté sur un réseau en fonte en lieu et place de l’actuel réseau en béton. La Municipalité remercie les propriétaires fonciers et exploitants agricoles concernés par le tracé du réseau, pour leur collaboration. Nous mettrons tout en œuvre pour limiter les impacts et nuisances, en concertation avec l’entreprise SDRTP qui réalisera le chantier.

2/ LA nouvelle station d’épuration résolument tournée vers l’avenir :

A l’issue d’un travail remarquable conduit par notre équipe de Maitrise d’œuvre (VDI), en lien avec les élus référents (Jean-Pierre BARTHELEMY, Jean-Paul BONNET et André NICOLAS), le marché de travaux a été confié à l’entreprise SOURCES de Dijon. Le projet retenu s’est attaché à concilier : réalisation de qualité, process épuratoire performant et fiable, intégration paysagère, maîtrise des coûts d’investissement et surtout de fonctionnement.

Les eaux collectées subiront tout d’abord une phase de prétraitement comprenant :
• un dégrillage fin, afin de retirer les matières les plus grossières et non valorisables qui seront ensuite compactées et ensachées en vue de leur admission en centre de stockage des déchets ultimes,
• un dessablage, afin de retirer les matières minérales qui pourront faire l’objet d’une phase de valorisation, lors de nos divers travaux de tranchées,
• un dégraissage, afin de retirer les graisses qui seront ensuite traitées dans un centre habilité, en vue de leur valorisation.
En temps de pluie, lorsque le débit sera trop important et risquera de nuire au traitement biologique en aval, l’excédent sera déversé dans l’actuel bassin de station d’épuration d’Apilhac, qui aura été préalable modifié et réhabilité en bassin d’orage. Lorsque le débit le permettra, automatiquement, ces eaux chargées, seront remises dans le système de traitement. Un poste de relevage ramènera l’ensemble des eaux usées prétraitées, ainsi que celles préalablement stockées dans le bassin d’orage sur le site de la future station d’épuration, implantée en rive gauche du Crisselle. Le traitement sera alors réalisé par une culture bactérienne maintenue en suspension sous forme de floc. Le réacteur biologique, appelé aussi bassin d’aération, sera séquentiellement aéré par des turbines insonorisées.
La séparation entre l’eau traitée et la biomasse épuratrice (ou boues d’épuration) sera assurée par un clarificateur placé en aval du bassin d’aération. Afin de maintenir l’efficacité du traitement, les « boues » décantées seront régulièrement réinjectées dans le réacteur biologique. Les « boues » excédentaires feront l’objet d’un traitement spécifique (déshydratation mécanique, chaulage et stockage dans une aire couverte), puis seront valorisées en agriculture.

La filière mise en place sera en grande partie automatisée et commandée par divers capteurs qui permettront d’en fiabiliser le fonctionnement, tout en en limitant les dépenses énergétiques. Des sondes d’oxygène commanderont par exemple le fonctionnement des turbines, afin d’apporter l’oxygène nécessaire aux bactéries en fonction de leur besoin.
Malgré une technicité très pointue, le projet retenu a été conçu pour être exploité en régie par les agents des services techniques municipaux. Ils seront formés et accompagnés par le constructeur durant la première année de mise en service. En application de la réglementation, la station fera l’objet de nombreux contrôles indépendants permettant de vérifier la qualité de l’eau traitée avant rejet au Crisselle, et ce sur de nombreux paramètres (carbone, azote, phosphore, résidus médicamenteux, métaux, pesticides...). Enfin, les boues d’épuration chaulées, feront elles aussi l’objet de nombreux contrôles avant d’être valorisées en agriculture dans le cadre d’un plan d’épandage réglementaire.
Les agriculteurs ont d’ailleurs pu, lors d’une récente rencontre, apprécier la qualité du produit qui sera mis à disposition. Ils sont, et nous les en remercions, les partenaires de ce projet. Sans eux, les boues devraient faire l’objet d’un traitement par incinération, ce qui constituerait une aberration environnementale et engendrerait pour chacun de nous des coûts inévitablement répercutés sur les factures d’eaux.

Le choix du site, l’enjeu de son intégration dans l’environnement

La nouvelle station d’épuration sera implantée sous le village d’Apilhac. Le choix du site a été notamment imposé par la présence de la conduite de GRTGAZ (les ouvrages devant être implantés à une distance réglementaire), la topographie du terrain (nécessité économique de réaliser les terrassements en déblais-remblais), le souci d’intégration dans le site, la nécessité enfin de maintenir en fonctionnement la station actuelle durant la phase de chantier (continuité du service). La prise en compte des enjeux d’intégration de la future station dans le site, mais surtout l’absence de nuisances pour les riverains auront été constantes et auront guidé les choix de la Municipalité.
Profitant d’une topographie favorable en pente douce, la future station sera pour partie encaissée dans le terrain naturel, ce qui en limitera considérablement sa perception depuis Apilhac. Les bâtiments principaux seront en bardage bois, la toiture en bac acier anthracite. Enfin, une haie arbustive sera mise en place pour parfaire l’intégration.
La future station, de part sa conception et son process ne générera aucune nuisance olfactive (performance de l’aération et de l’agitation, stockage de boues chaulées, stabilisées et donc non odorantes…), ou sonore (turbines capotées et insonorisées).
Enfin, durant la phase de chantier, une attention particulière sera portée à la circulation des engins. Si nécessaire, des espaces de dégagement seront mises en place sur la voirie d’accès à Apilhac depuis Lavée. Ce point avait d’ailleurs été soulevé par les habitants d’Apilhac lors de l’enquête publique.

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